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Votre argent épargné est-il mis en danger en raison d’intérêts négatifs? La rédaction Moneyland vous donne des informations.

Lors d’une déflation menaçante, c’est-à-dire une baisse généralisée des prix, divers économistes propagent l’idée des soi-disant intérêts négatifs.

Dans ce cas, les banques ne reçoivent nominalement plus d’intérêts pour leurs avoirs qu’elles détiennent auprès des banques d’émission et des banques centrales. Ce n’est pas tout: elles doivent payer des taxes ou justement des intérêts négatifs aux banques centrales pour le dépôt de leurs avoirs.

Ce scénario s’est en effet présenté en juin 2014: la Banque centrale européenne BCE exige des intérêts de pénalité pour les dépôts BCE de banques commerciales. L’idée sous-jacente est la suivante: les banques doivent être encouragées à transmettre l’argent comme crédit aux entreprises, au lieu de l’entreposer auprès de la banque centrale.

Le 18 décembre 2014, la BNS a également décidé d’introduire des intérêts négatifs à partir du 22 janvier 2015 afin d’affaiblir le franc suisse fort.

Avec l’abrogation de la limite inférieure de l’euro par la BNS le 15 janvier 2015, celle-ci a continué d’augmenter les intérêts négatifs pour les banques de commerce.

Intérêts négatifs pour les titulaires de compte d’épargne?

De leur côté, les banques pourraient maintenant en théorie du moins se décharger de ces intérêts négatifs sur leurs clients d’épargne. Par exemple, dans le cas d’un taux d’intérêt négatif de -0,1% par année, vous devriez payer 50 francs par année sous forme de taxes à votre banque dans le cas d’un avoir d’épargne de 50'000 francs.

Le fait que les clientes et les clients suisses doivent même payer pour prêter à la banque de l’argent pourrait susciter l’incompréhension auprès de la majorité de la population. Le proverbe «placer de l’argent sous son oreiller» serait à nouveau au goût du jour.

Les intérêts négatifs ne font pas l’unanimité

Bien malin celui qui sait si ce scénario se réalisera. Avec l’introduction des intérêts négatifs par la BNS, il n’est en effet pas encore clair si ceux-ci seront répercutés sur les clients intérieurs de comptes d’épargne, ou s’ils seront financés autrement.

Les taxes de comptes privés peuvent ainsi être augmentées ou des taxes de comptes d’épargne peuvent être introduites. D’un point de vue de la technique du marketing, cette solution serait plus adroite pour les banques suisses du segment de détail que l’introduction d’intérêts négatifs.

Les banques privées suisses telle que Lombard Odier exigent d’ores et déjà des intérêts négatifs de -0,75 à partir de 100'000 francs pour leur clientèle fortunée. D’autres banques privées pourraient suivre. Les banques privées désirent ainsi stimuler également les clients à conserver autant que possible de petites liquidités et d’investir l’argent dans le cadre d’un mandat de gestion de fortune.

Les banques suisses sont déjà préparées

Les banques suisses de détail continuent au contraire à considérer l’introduction d’intérêts négatifs pour les épargnantes et les épargnants privés comme invraisemblable, comme l’a montré un sondage. Malgré tout, le danger n’est pas seulement de nature théorique.

Des banques individuelles telle la Banque cantonale zurichoise (BCZ) ont ainsi introduit depuis un certain temps un passage dans leurs conditions générales de vente stipulant qu’elles peuvent introduire des intérêts négatifs pour les épargnantes et les épargnants lors de «conditions de marché particulières».

Que se passerait-il si des intérêts négatifs étaient effectivement introduits par des banques suisses à la charge de leur petits clients de comptes d’épargne?

Plusieurs scénarios sont plausibles, parmi ceux-ci une fuite vers l’argent liquide, une réaffectation de comptes d’épargne sur d’autres comptes ou d’autres formes d’investissement au sein des banques concernées, ou un taux de changement plus élevé de la clientèle des banques. Dans le cas où l’intérêt négatif était uniquement faible et de courte durée, tout pourrait aussi rester inchangé.

Fuite vers l’argent liquide?

Un retrait des avoirs d’épargne pour les accumuler en argent liquide devrait être une première réaction spontanée de nombreux épargnants. L’argent liquide n’est cependant pas forcément gratuit. Des coûts éventuels pourraient ainsi être dus pour l’entreposage sécurisé dans un coffre de banque ou un coffre-fort par exemple. L’accumulation «sous le coussin» n’est pas non plus gratuite, lorsque l’on prend en compte la probabilité plus élevée d’un cambriolage.

Réaffectation sur d’autres comptes ou banques?

Une réaffectation répétée des avoirs d’épargne vers d’autres formes d’investissement telles des actions est une réponse possible aux intérêts négatifs. L’option de la réaffectation de la fortune du compte d’épargne vers d’autres comptes, tel un compte privé payant pour le trafic des paiements (compte courant) existe aussi.

Lorsque toutes les banques ne passent pas aux intérêts négatifs, une redistribution des avoirs vers les banques ne facturant pas d’intérêts négatifs pourrait en être la conséquence.

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