Le rachat par une société anonyme de ses propres actions sur le marché est une pratique courante. On parle alors de rachat d'actions, en anglais de «share buyback» ou de «stock buyback». Dans ce guide, moneyland.ch répond à toutes les questions importantes à ce sujet.
Qu’est-ce qu’un rachat d’actions?
On appelle rachat d'actions l'opération par laquelle une société anonyme acquiert des parts de sa propre entreprise. Pour le fiare, l'entreprise utilise généralement des capitaux excédentaires. Les programmes de rachat sont généralement décidés lors de l’assemblée générale. En Suisse, les entreprises peuvent racheter au maximum 10 pour cent de leurs actions, conformément à ce qui est prévu par le Code des obligations.
Il y a pour l’essentiel deux types différents de rachat d’actions:
- Achats en bourse: cette version est la plus répandue. Dans ce cas, l'entreprise rachète progressivement des actions sur le marché au cours d’une période donnée.
- Achats directement auprès des actionnaires: l’entreprise soumet une offre d'achat directement auprès des actionnaires.
Les programmes de rachat d’actions sont relativement répandus en Suisse: en 2022, les entreprises suisses ont racheté des actions négociées à la Bourse suisse (SIX) pour une valeur totale de 34 milliards de francs. Cela correspond à 3,7 pour cent de la capitalisation boursière d’alors.
Pourquoi une entreprise rachète-t-elle ses propres actions?
Il peut y avoir différentes raisons d’effectuer des rachats d'actions. Souvent, il existe un ou plusieurs des motifs suivants:
- Renforcer la confiance: le rachat d'actions d'une entreprise vise à envoyer des signaux positifs. Par ce biais, l’entreprise fait comprendre de manière démonstrative au monde extérieur qu'elle est convaincue de son avenir et de son modèle commercial. Cela peut inciter les investisseurs potentiels à investir dans l'entreprise – et contribuer ainsi à stabiliser un cours d’action affaibli.
- Utiliser les liquidités: si une entreprise dispose d’un excédent de liquidités, un rachat d'actions peut être un moyen éprouvé de se débarrasser du capital excédentaire.
- Empêcher les prises de contrôle: les rachats d'actions peuvent servir de bouclier pour se protéger contre des rachats indésirables. Cela s’explique de la façon suivante: plus le nombre d'actions détenues directement par l'entreprise est élevé, moins le nombre de parts pouvant être acquises librement sur le marché est important. La société anonyme s’assure ainsi d’avoir davantage de parts dans son capital et dispose de plus de contrôle sur sa propre entreprise.
Quels sont les avantages pour les investisseuses et les investisseurs?
Les rachats d'actions réduisent l'offre d'actions disponibles en bourse. En conséquence, les bénéfices et les dividendes de l'entreprise se répartissent sur un nombre moins important d'actions – ce qui fait que le bénéfice par action augmente. Les rachats d’actions entraînent ainsi souvent une hausse des cours. Souvent, il suffit d'annoncer un programme de rachat pour que les cours des actions progressent déjà. Notez toutefois que les gains de cours ne sont souvent que de courte durée.
Quels sont les risques et les inconvénients à prendre en compte?
Les personnes qui critiquent les programmes de rachat d’actions estiment qu’il s’agit d’argent mal investi – et que c’est même souvent un acte de désespoir peu créatif destiné à entretenir le moral des actionnaires. Vous devez être conscient des inconvénients et des risques potentiels suivants:
- Pas de plus-value créée à long terme: les rachats d'actions ne déploient généralement leurs effets qu’à court terme. Lorsqu'une entreprise dépense de l'argent pour effectuer un rachat d'actions, elle ne peut pas l'utiliser pour des investissements ou des projets à long terme. Cela peut s'avérer dangereux si les investissements nécessaires sont reportés ou annulés.
- Endettement potentiel: les rachats d’actions peuvent mettre en péril la santé financière d’une entreprise – c’est d’autant plus vrai lorsqu'ils sont financés via l'emprunt et entraînent ainsi un endettement important.
- Mauvais timing: si un rachat d'actions est effectué à un mauvais moment – par exemple lorsque le cours de l'action affiche un cours comparativement élevé –, cela peut coûter cher à l’entreprise.
Puis-je investir de manière ciblée dans des rachats d'actions?
Pour investir de manière ciblée dans des entreprises qui lancent un programme de rachat d'actions, il est en principe nécessaire de suivre attentivement l’actualité économique et financière – puis, dans le meilleur des cas, s’assurer de détenir l’action à temps. Ce travail peut s'avérer fastidieus et compliqué pour les petits investisseurs.
Si vous souhaitez profiter des rachats d'actions, mais que l'effort mentionné ci-dessus vous semble peu tentant, les Exchange Traded Funds (ETF) spécialisés peuvent constituer une alternative. Ces ETF qui incluent souvent le terme «buyback» dans leur descriptif reproduisent des indices d'actions qui comprennent des entreprises ayant mis en place des programmes de rachat d’actions. Les critères d’admission exacts requis par l’ETF varient en fonction de l'indice.
Exemple: l'indice Nasdaq Global Buyback Achievers se compose exclusivement d'entreprises qui ont réduit d'au moins 5 pour cent le nombre de leurs actions disponibles en bourse au cours des douze derniers mois.
Relevez que les indices – et donc les ETF – n'intègrent des titres que sur la base des rachats d'actions passés. Il n'est pas garanti que les entreprises continuent à racheter des actions à l'avenir.
Il n’est de toute manière pas recommandé de se concentrer de manière trop unilatérale sur les actions et les ETF dédiés aux entreprises qui rachètent leurs actions. Il est important de ne pas négliger la diversification. Il est envisageable d'investir de manière ciblée dans des entreprises qui procèdent à des rachats d'actions, par exemple dans le cadre d'une stratégie core-satellite constituée d’un ETF basé sur un indice mondial en tant que noyau («core») et d’un ETF ou des titres individuels dédiés au rachat d’actions individuelle en tant que «satellites» complémentaires.
Choisissez un courtier avantageux
Investir dans des ETF entraîne des frais, principalement des frais de transaction (courtages) et des droits de garde. Avant de commencer à investir, il est recommandé de comparer les différents courtiers sur moneyland.ch – afin d’éviter des frais trop élevés.
Outre un courtier classique, les deux banques sur smartphone Neon et Yuh offrent également la possibilité d'investir dans des actions et des ETF. Leur avantage: ces deux prestataires ne prélèvent aucun droit de garde et les frais de courtage sont faibles, surtout lorsqu’il s’agit de montants d'investissement peu élevés. Toutefois, les néobanques proposent une offre limitée de titres. Les ETF mentionnés dans le texte ci-dessus ne sont pas encore disponibles (situation: avril 2025)
Quelle est la performance des ETF dédiés aux rachat d'actions?
La comparaison des performances entre un ETF dédié aux rachats d’actions («buyback ETF») et un ETF sur l'indice mondial bien connu MSCI World donne une image contrastée: sur cinq ans, l'ETF centré sur les rachats d'actions se place en tête, tandis que l'ETF mondial plus large l’emporte sur une période de dix ans.
Important: ces résultats ne représentent que des instantanés. Les résultats peuvent varier en fonction de la période. Les données ne constituent pas non plus un indicateur de l'évolution future de la valeur, car celle-ci ne peut jamais être prédite. En théorie, il est possible de réaliser à tout moment des gains élevés, mais aussi des pertes importantes.
Remarque: cet article ne constitue pas un conseil en investissement et n'a qu'une valeur informative. Données non garanties.
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