Certains secteurs d’activité sont tellement rejetés par la société qu’on désigne les actions de leurs entreprises avec un terme générique qui s’est désormais établi: les «sin stocks». Vous découvrirez de quoi il s’agit exactement dans le guide suivant de moneyland.ch.
A quoi correspondent les «sin stocks»?
Les «sin stocks» (en français, les actions du péché) désignent les actions d'entreprises actives dans des secteurs considérés comme non éthiques et répréhensibles par de grandes parties de la population. Les «sin stocks» sont souvent considérés comme étant le contraire des actions ESG. Ils concernent par exemple les secteurs suivants:
Ce qui est considéré comme immoral est toujours fonction de l’esprit du temps qui domine dans une société. La liste des sociétés que l’on considère en tant que «sin stocks» peut donc constamment évoluer. Il est par exemple possible que les compagnies aériennes, les compagnies de navigation de croisière et les producteurs de viande soient également classés parmi les «sin stocks» en raison de leur influence jugée néfaste sur l’environnement. Hormis les différences démographiques, il existe également des différences géographiques à leur égard: ainsi, des entreprises qui ont une réputation douteuse en Suisse peuvent être considérées comme tout à fait normales, voire exemplaires, dans d'autres régions du monde.
Pourquoi certains investisseurs s'intéressent-ils aux «sin stocks»?
Les «sin stocks» disposent généralement de modèles d’affaires qui font preuve de résistance en période de crise et qui fonctionnent ainsi également en période d'incertitude économique et politique. L'industrie du tabac en constitue un bon exemple: les fumeuses et les fumeurs continuent de sortir leur cigarette même en période de crise. Et l'industrie de l'armement devrait elle aussi continuer à bénéficier de carnets de commandes bien remplis à l’avenir également.
Quel est le risque d’investir dans les «sin stocks»?
En règle générale, seules les entreprises de quelques secteurs se voient attribuer le qualificatif de «sin stock». Dès lors, miser uniquement ou principalement sur des entreprises jugées «pécheresses» revient donc à négliger sa diversification. C’est d’autant plus le cas si vous n'investissez que dans quelques actions individuelles.
Les «sin stocks» sont en outre exposés à un risque politique plus important que les autres actions. L’industrie du tabac en constitue un exemple: lorsque les politiques de différents pays prennent des mesures strictes contre la consommation de cigarettes, cela a des conséquences profondes sur les activités des entreprises actives dans le tabac. Si un secteur est considéré comme répréhensible ou nuisible, il est plus probable que des restrictions et des interdictions soient appliquées à son endroit que pour d’autres secteurs économiques.
De toute manière, les investissements dans des titres tels que les actions et les ETF comportent toujours un risque. Les gains ne sont jamais garantis et les pertes ne sont jamais exclues.
Ce que vous considérez comme un «sin stock» dépend de vos valeurs personnelles. Néanmoins, le fait que qu’une réputation douteuse précède certains secteurs n’est pas le fruit du hasard. Cet article ne doit en aucun cas être considéré comme une recommandation d’investissement et il n'a qu’un but informatif.
Quelle est la performance réalisée par les «sin stocks»?
Il n’est pas facile d’évaluer la performance des «sin stocks» en comparaison de l'ensemble du marché des actions. Cela s’explique par le fait que les «sin stocks» ne constituent pas une catégorie standardisée. Il en va d'ailleurs de même pour les catégories d'investissement basées sur des valeurs spécifiques, comme l'ESG, la durabilité et l'investissement centré sur le genre (gender lens investing).
Pour essayer d’obtenir une réponse, il vaut la peine de comparer différents indices mondiaux du prestataire de services financiers américain MSCI.
- L'indice MSCI World comprend - tous secteurs confondus - environ 1300 entreprises issues de 23 pays développés.
- L'indice MSCI World ex Tobacco Involvement Index se base sur le MSCI World, mais exclut explicitement les entreprises de tabac.
- L'indice MSCI ACWI Tobacco est composé de toutes les entreprises de l'indice MSCI World qui sont actives dans le secteur du tabac.
Tableau : Comparaison du rendement annuel des indices
| Année |
MSCI World |
MSCI World ex Tobacco
Involvement Index |
MSCI World
Tobacco Index |
| 2016 |
7,51% |
7,55% |
7,59% |
| 2017 |
22,40% |
22,53% |
14,20% |
| 2018 |
-8,71% |
-8,34% |
-35,56% |
| 2019 |
27,67% |
27,82% |
21,15% |
| 2020 |
15,90% |
16,12% |
-3,56% |
| 2021 |
21,82% |
21,86% |
15,07% |
| 2022 |
-18,14% |
-18,32% |
10,81% |
| 2023 |
23,79% |
24,01% |
-4,77% |
| 2024 |
18,67% |
18,63% |
32,22% |
| 2025 |
21,09% |
21,04% |
38,14% |
Performance annualisée
sur 5 ans |
12,46% |
12,42% |
20,71% |
Performance annualisée
sur 10 ans |
13,28% |
13,38% |
8,60% |
Performance en USD et dividendes nets inclus. Date de référence utilisée pour calculer la performance sur 5 et 10 ans: 27.02.2026.
La comparaison des rendements révèle une image contrastée: certes, l'indice excluant les entreprises du tabac arrive en tête sur dix ans. Sur cinq ans, en revanche, l'indice MSCI World Tobacco occupe clairement la première place. Des différences considérables d'une année à l'autre sont à observer.
Important: il est impossible de prédire le rendement, même sur la base des performances passées. Il convient également de noter que le secteur du tabac ne représente qu'une petite partie des Sin Stocks et n'est donc guère représentatif.
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